Circulations, contacts, matérialités
Responsable: Matthew Redmond, post-doctorant, sous la codirection d’Hélène Quanquin (CECILLE – Université de Lille) et d’Hélène Cottet (CECILLE – Université de Lille)
Comment préserver la démocratie dans une république ? Aujourd’hui, alors que les républiques du monde entier sont mises à rude épreuve par l’autoritarisme, cette question revêt une grande urgence. En contribuant à l’élaboration des fondements du républicanisme américain, Thomas Jefferson a apporté une réponse en termes temporels : les États-Unis resteraient démocratiques tant que chaque génération aurait le pouvoir d’adapter la Constitution à son époque, mais aussi l’obligation de la transmettre, avec la république tout entière, de manière pacifique et en temps voulu à la génération suivante.
Ce modèle de succession générationnelle, que Jefferson considérait comme un moyen d'empêcher toute génération d'imposer durablement son empreinte sur le pays, devint essentiel à la vision socio-politique des Américains du XIXe siècle : pour être une république véritablement démocratique, pensaient-ils, il fallait vivre dans ce nouvel ordre temporel, encore inexploré par la recherche et qu’on peut nommer « temps républicain ». Ce projet de recherche vise à étudier le lien entre le temps républicain et le fonctionnement de la démocratie dans l'Amérique du XIXe siècle grâce à une analyse approfondie de la littérature américaine, éclairée par les théories des sciences politiques, de l'histoire, des questions raciales, de genre et de sexualité.
Responsable: Elad Lapidot (CECILLE)
Ce projet vise à jeter les bases d'un nouveau champ de recherche : la pensée juive française après 1945. Les recherches sur la pensée juive moderne se sont jusqu'à présent concentrées sur l'Allemagne, considérée comme le centre européen du judaïsme avant la Shoah, et sur Israël et l'Amérique du Nord, perçus comme les nouveaux centres juifs hors d'Europe après la Shoah. Ce projet postule que la France est le centre de l'activité intellectuelle juive dans l'Europe post-Shoah, et le principal lieu culturel pour comprendre le profond bouleversement de la pensée et de la culture juives à la suite de la Shoah. Le projet étudiera la France de l'après-1945 comme un espace où le discours, la culture et l'identité juifs se sont redéfinis face à la reconfiguration de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale, à la lumière de la Guerre froide, du Concile Vatican II, de la décolonisation, de la destruction de la civilisation juive européenne pendant la Shoah et de la création de l'État d'Israël au Moyen-Orient.
L’hypothèse du projet est que la rencontre entre Orient et Occident, Séfarade et Ashkénaze, Islam et christianisme, colonie et métropole, tradition et postmodernité, républicanisme et diversité, transforme la pensée juive française d’après 1945 en un laboratoire pour les conversations et les débats contemporains au sein de la société. L’un des objectifs est de démontrer comment la pensée juive française a remodelé, par le biais de la circulation des idées et des migrations, les formes de pensée et de politique juives et non juives en Israël et dans le monde.
Coordination : Elad Lapidot (CECILLE- Université de Lille) et Christian Wiese (U. Francfort)
L'objectif de ce LAI, basé sur un partenariat entre l'ULille et la Goethe-Universität de Francfort et dédié au thème des transferts de pensée et de savoir juifs entre l'Allemagne et la France, est de promouvoir la coopération franco-allemande et plus largement européenne dans l'étude des cultures juives contemporaines, en mettant l'accent sur la circulation transnationale des idées, des acteurs intellectuels et des savoirs. A travers ce prisme, le LAI cherche à développer une recherche comparative sur les transformations culturelles et intellectuelles des sociétés européennes aux 20ème et 21ème siècles.
Responsable: Camilla Cederna (CECILLE)
PRESENTATION DU SITE : lai-ecriture-exil-au-feminin.univ-lille.fr/accueil
Ce site s'adresse à toutes les personnes intéressées par la valorisation et la reconnaissance de l'écriture des femmes et plus en général de leur patrimoine culturel. Notre objectif est de faire connaître et reconnaître ces écrivaines invisibles, oubliées, qui ont cependant contribué avec leurs créations au dialogue entre les langues, les cultures et les idées, dans l’espace européen et méditerranéen entre XIXe et XXe siècles.
Il permettra de suivre les activités de recherche, édition et traduction, réalisées et en cours, à travers les projets collaboratifs que nous avons lancés ces dernières années: le LAI- Laboratoire Associé International, sur "L'écriture de l'exil au féminin" en collaboration avec La Sapienza (2018-2022), et plus récemment le projet émergent de la MESHS de Lille (Maison de Sciences de l'Homme et de la Société) sur les Archives de l'écriture au féminin (ALEEF) (2023-2024), sous la responsabilité de Camilla M. Cederna.
La plupart de nos efforts et recherches se sont consacrés à Elisa Chimenti (Naples 1883-Tanger 1969), écrivaine, anthropologue, pédagogue et journaliste, qui a dédié toute sa vie au dialogue interculturel et interconfessionnel, ainsi qu'à la valorisation et à la diffusion du patrimoine culturel féminin marocain.
PRÉSENTATION RECUEIL DE POÈMES
Vient de paraître Étoiles perdues, le recueil de poèmes de Camilla M. Cederna, aux éditions de La tête à l’envers
https://www.editions-latetalenvers.com/Etoiles_perdues.NG.htm