Circulations, contacts, matérialités
Coordination : Elad Lapidot (CECILLE, Université de Lille)
Partenaires : Université de Lille, CNRS, ENS-PSL
L'objectif de REPOLIJIS est de mener une étude comparative des efforts déployés après la Seconde Guerre mondiale pour repenser ou problématiser la politique moderne en se tournant vers les traditions de pensée politique juive et islamique.
La perspective comparative adoptée s’appuie sur le constat historique selon lequel ces deux traditions ont été perçues comme hétérogènes par rapport aux fondements chrétiens de la pensée politique européenne sécularisée et ont ainsi pu offrir de nouveaux horizons vis-à-vis de la politique moderne. L’idée directrice du projet est que l’étude, à partir d’une telle perspective comparative, des entreprises théoriques qui ont cherché à affirmer les traditions juives et islamiques dans la pensée politique moderne permettra de mieux saisir les dynamiques communes et distinctes de ces traditions. De surcroît, une telle étude comparée remettra en question les récits dominants axés sur la thèse de conflit ou d’incompatibilité, ainsi que les identifications trop simplistes, tant entre les cultures juive et islamique qu'entre celles-ci et la culture européenne.Sur le plan scientifique, le projet s’articule autour de trois notions centrales de la pensée politique moderne : la souveraineté, la loi et la nation. Celles-ci sont complétées par trois questions transversales qui font écho à trois processus historiques majeurs caractérisant l’ère mondiale qui s'est ouverte depuis la Seconde Guerre mondiale : la sécularisation, la décolonisation et la démocratisation.
Coordination du projet LASNIF : Fiona McCann (Sorbonne Université)
Partenaires : Sorbonne Université, Université de Lille (ULR CECILLE) et Université Sorbonne Nouvelle
Responsable scientifique pour l’Université de Lille: Hélène Lecossois (CECILLE, Université de Lille)
Ce projet vise à étudier la place des arts et de la littérature dans les négociations actuelles sur l'avenir politique et social de l'Irlande. Le débat sur une potentielle réunification se déroule dans de nombreux domaines. L'objectif principal de cette recherche est d'examiner le rôle spécifique de la littérature, et des arts (arts visuels et arts de la scène) dans ce débat, à la fois pour refléter les, différentes positions et, potentiellement, pour influencer les attitudes face à la question constitutionnelle et aux, diverses problématiques qui la sous-tendent. Les formes artistiques étudiées sont les romans, la poésie, le théâtre et, la danse, la peinture, les installations et les expositions.
L'hypothèse centrale est que la littérature contemporaine, les arts visuels et les arts de la scène, des deux côtés de la frontière, contribuent depuis longtemps à réinventer l'Irlande, à esquisser de nouveaux avenirs politiques, sociaux et environnementaux et à susciter la réflexion et le débat sur les enjeux et les risques d'une reconfiguration politique de l'île. Le rôle spécifique de la littérature et des arts dans la réflexion et la diffraction des points de vue sur cette question n'a pas encore fait l'objet de recherches et ce projet est donc le premier à s'y intéresser.
Au-delà des œuvres d'art elles-mêmes, ce projet vise également à offrir un espace aux artistes et aux écrivains pour exprimer leurs opinions et leurs visions de l'avenir de l'Irlande en tant qu'intellectuels publics.
Responsable du projet WISE: Sophie Musitelli (CECILLE, Université de Lille)
Le programme FORESE, lauréat de l’AMI SHS – France 2030, est porté par l’Université Grenoble Alpes
WISE (Women Poets Inspired by the Sciences in the English-speaking World), porte sur les relations qui se nouent entre la littérature et les sciences en Grande-Bretagne, de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à la période contemporaine. Le projet adopte la perspective des poétesses, qui, bien que longtemps exclues de toute éducation scientifique formelle, ont fait preuve d'une créativité intense face aux avancées des sciences. L’axe 4 du projet, "Writing (in) the Anthropocene", a une ampleur toute particulière, car il porte sur les pratiques d’écriture écopoétiques porteuses d’une connaissance, mais également d’une réflexion sur les sciences de la vie et de la Terre. Son objectif principal est d’étudier la façon dont les poétesses du corpus explorent et interrogent la capacité de la poésie à fournir des modes de perception et d'intelligibilité à la hauteur des défis cognitifs que posent les crises environnementales et le changement climatique en particulier, comme ensemble de phénomènes qui se déploient simultanément à des échelles incommensurables. Comment le travail d'écriture rend-il sensibles des phénomènes qui se manifestent au sein de processus expérimentaux ou s’appréhendent sous forme de modélisations complexes ? Donner une lisibilité à l’anthropocène devient alors une mobilisation du langage et de l’imaginaire pour envisager d'autres modernités possibles.
Coordination : Michèle Guillemont-Estela (CECILLE, Université de Lille)
Le projet consiste à reprendre à nouveaux frais l’étude de l’extraordinaire dynamique des discours sur l’assistance aux pauvres dans le monde hispanique, un champ où les travaux furent nombreux dans les années 70 du XXe siècle et qui se trouve assez délaissé depuis.
Cette reprise exige de croiser les angles disciplinaires — historiens et littéraires — sur les productions et expérimentations des idées autour du secours des démunis ainsi que de leurs représentations culturelles, depuis la Castille jusqu’à ses colonies, sur l’ensemble de la période moderne, et de leur éventuel impact dans les mécanismes et stratégies des urbains et ruraux pour affronter calamités et crises de subsistance. Plusieurs volets seront articulés : Traités sur l’assistance des pauvres, Représentations picaresques, Définition de l’Indien à partir des catégories du manque, Économies de la pauvreté. L’objectif est d’explorer la conception de la pauvreté moderne dans le monde hispanique catholique ainsi que la construction de l’Indien comme sujet colonial, défini par le manque et le devoir de travailler.
Responsable: Sophie Musitelli (CECILLE, Université de Lille)
Ce projet propose d'explorer les points de contact entre l'écriture poétique et le discours scientifique à travers le regard d'autrices longtemps privées d'une formation scientifique formelle : les femmes poètes. L'engagement intensément imaginatif et créatif des poétesses du monde anglophone avec les objets, les méthodes et le langage des sciences, ainsi qu'avec leurs implications philosophiques et politiques, n'a jamais fait l'objet d'une étude exhaustive. Ce projet propose une approche novatrice conjuguant la complexité de l'engagement des femmes envers les sciences et les spécificités du médium poétique. Il prend la Grande-Bretagne comme épicentre, car elle fut également l'épicentre de la révolution industrielle, qui révéla le pouvoir de la science par ses applications technologiques,
transformant la société et l'environnement anglais avant de se propager à d'autres pays.
Ce projet s'étend des poétesses de la fin du XVIIIe siècle aux voix contemporaines qui perpétuent les questionnements ouverts à l'époque romantique, une ère de révolutions politiques, scientifiques et esthétiques où les frontières disciplinaires sont redessinées, la littérature et les sciences se définissant mutuellement dans des oppositions et des confrontations fécondes. Il vise à établir des comparaisons avec des poétesses issues d'un large éventail de pays anglophones, car les possibilités esthétiques éveillées par ces révolutions ont rayonné à travers le monde anglophone, grâce aux liens complexes entre ces générations de femmes. Il se développe selon quatre axes : le rapport à l'autorité et au pouvoir scientifiques, l'imaginaire du corps genré dans un dialogue créatif avec les sciences de la vie, les pratiques matérielles et les technologies accessibles aux femmes, et l'écriture à l'ère de l'Anthropocène.
Responsable du projet en France: Asma Helali (CECILLE – Université de Lille)
Le projet Words Upon Words étudie les formes, les fonctions et les valeurs cognitives des paratextes dans la tradition manuscrite islamique à partir de deux groupes de manuscrits conservés à la bibliothèque Chester Beatty. Il s’agit d’ouvrages sur les variantes et les lectures du Coran et d’ouvrages sur la tradition prophétique (hadiths).
L’objectif est de comprendre comment la présentation des paratextes dans leurs dimensions esthétiques, visuelles et acoustiques influence la relation du lecteur au manuscrit. Comment le lecteur/auditeur du XXIe siècle perçoit-il le potentiel sociocognitif des récits contenus dans le manuscrit ?
Les paratextes islamiques sont des fragments de paratextes à plusieurs niveaux et mobiles, issus de périodes historiques superposées et de diverses provenances géographiques ; cela en fait le matériau idéal pour étudier la pertinence de l'approche esthétique et cognitive dans l'histoire des textes religieux
Responsable: Elad Lapidot (CECILLE, Université de Lille)
Ce projet vise à jeter les bases d'un nouveau champ de recherche : la pensée juive française après 1945. Les recherches sur la pensée juive moderne se sont jusqu'à présent concentrées sur l'Allemagne, considérée comme le centre européen du judaïsme avant la Shoah, et sur Israël et l'Amérique du Nord, perçus comme les nouveaux centres juifs hors d'Europe après la Shoah. Ce projet postule que la France est le centre de l'activité intellectuelle juive dans l'Europe post-Shoah, et le principal lieu culturel pour comprendre le profond bouleversement de la pensée et de la culture juives à la suite de la Shoah. Le projet étudiera la France de l'après-1945 comme un espace où le discours, la culture et l'identité juifs se sont redéfinis face à la reconfiguration de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale, à la lumière de la Guerre froide, du Concile Vatican II, de la décolonisation, de la destruction de la civilisation juive européenne pendant la Shoah et de la création de l'État d'Israël au Moyen-Orient.
L’hypothèse du projet est que la rencontre entre Orient et Occident, Séfarade et Ashkénaze, Islam et christianisme, colonie et métropole, tradition et postmodernité, républicanisme et diversité, transforme la pensée juive française d’après 1945 en un laboratoire pour les conversations et les débats contemporains au sein de la société. L’un des objectifs est de démontrer comment la pensée juive française a remodelé, par le biais de la circulation des idées et des migrations, les formes de pensée et de politique juives et non juives en Israël et dans le monde.
Consortium : Université de Lille (établissement porteur )/Sciences Po Lille, CNRS, Inria, Université de Grenoble Alpes, Sciences Po Grenoble, CY Cergy Paris Université/Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, Université de Lyon 3 et Institut Mines Télécom.
Les démocraties sont affaiblies par de multiples menaces (polarisation des sociétés, fake news, cyberattaques, violence politique...). La crise démocratique multifactorielle confronte nos sociétés au défi de la (re)construction du commun face à des espaces publics fragmentés. Face aux questions décisives soulevées par cette crise démocratique, les Sciences Humaines et Sociales (SHS) ont jusqu'à présent offert des résultats contradictoires, qui souffrent d'une fragmentation disciplinaire et épistémologique qu’il faut dépasser. En réunissant un consortium diversifié et complémentaire, le consortium mobilise un large spectre Disciplinaire et cherche non seulement à mieux décrire la crise démocratique, mais surtout à éclairer les politiques publiques et la société civile par des connaissances co-produites.
Hélène Quanquin (CECILLE, Université de Lille) participe, en tant que référente, au défi 2 « Repenser les lieux et formes d’expression de la citoyenneté », plus particulièrement sur la question « Participations démocratiques et citoyenneté ordinaire ».