Colloque "Writing the Self / Writing the English-Speaking Worlds:Life Writing and Politics (20th-21st Centuries)"

Colloque
Maison de la recherche - Campus du Pont-de-Bois à Villeneuve D'Ascq

Colloque "Writing the Self / Writing the English-Speaking Worlds:Life Writing and Politics (20th-21st Centuries)"  les 12 et 13 octobre 2023 - Maison de la recherche sur le campus du Pont-de-Bois à Villeneuve D'Ascq.

Organisé par Claire Dubois (CECILLE) et Cédric Courtois (CECILLE)

This multidisciplinary international conference will mainly focus on the autobiographical genre which, for a long time, celebrated the idea of a sovereign self, traditionally the prerogative of white, heterosexual, middle- or upper-class males (making it a traditionally androcentric, even ethnocentric genre that promotes a universality based on specific exclusive criteria). The object to study is diverse: (fictional) autobiography, autoethnography, autobiographical comics, blogs, documentaries, essays, diaries, memoirs, (insta)poetry… The intimate link between life writing and social experiments and/or political stances reveals the intricate crossovers between poetics, aesthetics, and politics. We thus wish to examine how some authors in the English-speaking worlds have sought to engage creatively by refusing and dismantling preset universal models. We will be attentive to the way life writing fosters “dissensus” (or not), and to the proximity between the power to collect your own life into a story, the power to say and the power to act (Rancière). For Michel Foucault, “to write is thus to ‘show oneself’, to project oneself into view, to make one’s own face appear in the other’s presence”, which implies a close link between ethics, poetics and politics – the relation of “reciprocal and necessary implication” that Henri Meschonnic posits. Life writing can become transformative, and shift the boundaries of the world, thereby going beyond the limits of poetics to embrace poiesis.

Le récit de vie est intrinsèquement lié au politique et ce, en particulier pour les « damné·e·s de la terre », pour citer Frantz Fanon. L’autobiographie/les mémoires constituent, par conséquent, un moyen de mettre au premier plan les vies niées, les « vies minuscules » (Le Blanc), les « vies précaires » (Butler) marginalisées. Les récits de soi constituent également, pour les (anciens) peuples colonisés, un moyen de construire une identité propre et, ce faisant, de montrer une forme d’« obstination » (Ahmed) en refusant l’universalité prônée par le genre autobiographique sous sa forme traditionnelle, laquelle universalité est décrite comme « violente », notamment par Theodor W. Adorno. L’objet que nous proposons d’étudier est polymorphe : autobiographie (fictive), auto-ethnographie, bande dessinée autobiographique, blog, documentaire, échange épistolaire, essai, journal intime, mémoires, (insta)poésie... Au cœur de notre approche se trouve le lien (d’ordre allégorique ?) entre récit de vie et changements sociaux et/ou politiques où poétique et politique se rencontrent, se confrontent, ou encore s’interrogent mutuellement. Nous nous demanderons de quelle(s) façon(s) ces œuvres favorisent (ou non) la survenue du dissensus, et dans quelle mesure le pouvoir de (se) dire est aussi un pouvoir de faire (Rancière). Pour Michel Foucault, « écrire c’est ‘se montrer’, se faire voir, faire apparaître son propre visage auprès de l’autre », impliquant donc un rapport entre éthique, poétique et politique, une « implication réciproque et nécessaire » pour Henri Meschonic. Dans ce contexte, la poétique est une poïétique, impliquant, de fait, un poïen, une mise en acte, un faire.

 


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