Espaces autres, partages sensibles, sociétés spectaculaires

Centre d'Études en Civilisations, Langues et Lettres Étrangères

04. Traduction et médiation


Responsables : Ronald JENN et Julie LOISON-CHARLES

 

Objectifs : travailler en résonance avec les thématiques communes à tout le laboratoire, en particulier « espaces autres », « partages sensibles » et « sociétés spectaculaires » tout en assurant la continuité avec les travaux plus spécifiques réalisés au cours du quinquennal écoulé, en collaboration avec d’autres axes.

 

L’axe rejoint « espaces autres » et « partages sensibles » autour des notions de cultures (im-)matérielles en prenant pour objet la cuisine et le numérique/digital.

 

Cuisine

Le premier élément de culture matérielle est la cuisine, activité humaine universelle, tout comme la traduction. Celle-ci est d’abord un lieu physique de confection et d’élaboration, cet espace autre de la sphère domestique. Elle peut aussi être synonyme de gastronomie, elle est alors espace gustatif ritualisé propre à soi et à Autrui. La publication de numéros spéciaux des revues Traduire (déc. 2014) sous le titre « A table ! » et The Translator (Vol. 21.3, 2015), « Traduction et nourriture » ont défriché un champ que l’équipe entend explorer plus avant. L’émergence d’une telle thématique vient combler un manque dans les études en traduction. En effet, dans ce champ, le rapport entre nourriture et traduction reposait principalement sur l’idée de régurgitation. Initiée par le traducteur bouddhiste Kumārajīva (IVème siècle), qui comparait une traduction à un plat déjà mastiqué, la métaphore de la régurgitation réapparaissait en contexte postcolonial avec celle du cannibalisme (elle-même héritée du Manifesto Antopofago de Oswald de Andrade dans les années 1920). 

A la suite de travaux sur la traduction des sens, l’axe traduction entend remettre le couvert et les pieds dans le plat au cours du prochain quinquennal en explorant les lieux culinaires et en interrogeant la culinarité. Le partage des sens, impliqué par la cuisine et la traduction, sera l’occasion de questionnements visant à savoir pourquoi le goût (tout comme le toucher, d’ailleurs) est le moins utilisé par les métaphores de la traduction, loin derrière la vue, l’ouïe et l’odorat. La traduction des perceptions que véhiculent les différents sens sollicités pour la dégustation est une question qui pourra également être abordée. Avec la cuisine, est-il question de traduction, ou plutôt d’adaptation ?

Nos activités de recherche dans ce domaine ont pris la forme d’une série de séminaires d’axe en 2018 et auront en point d’orgue un colloque pluridisciplinaire du 18 au 20 mars 2020) ; elles impliquent des collaborations avec l’IEHCA de Tours et l’Université de Bourgogne-Dijon (labos TIL et CIMEOS).

 

Humanités digitales

 

L’axe s’intéresse également aux Humanités digitales en explorant les changements technologiques du texte (et de l’idée du texte) numérique ainsi que les utilisations qui peuvent en être faites en traduction en s’associant par collaboration au domaine du Traitement Automatique des Langues ou TAL (laboratoire GERIICO et le projet ROSETTA) ou en explorant la possibilité d’une « post-digital translation theory ».

Dans la perspective de la « culture matérielle », il s'agit alors des réponses théorique et pratique à une évolution globale et radicale, plutôt qu'une histoire de la traduction des cultures matérielles, au pluriel. Même si, au niveau du contenu, la problématique est rendue davantage « présente » (ne parlons-nous pas de textes dématérialisés ?), la réalité virtuelle s’affirme comme élément dominant de la culture matérielle d’aujourd’hui.

 

Traduire la couleur noire

 

Dans la perspective « sociétés spectaculaires », qui est aussi celle du laboratoire, l’équipe va se mobiliser autour de la couleur noire. Une série de journées d’étude intitulées « Traduire la couleur noire » pourra renouer, dans le temps long, avec des travaux réalisés à Lille sur la traduction des accents. La première journée portera sur le thème « Nommer l’identité africaine-américaine en anglais et en français » (9 octobre 2020), et la deuxième s’intéressera à la question de la poésie britannique. D’autres journées pourront être organisées sur différentes aires géographiques ou d’autres domaines, par exemple en études post-coloniales ou dans les arts visuels. La deuxième JE portera sur la poésie britannique.

 

Poésie

 

La poésie est au cœur de plusieurs projets de l’axe. Ainsi, le poète Simon Armitage, nommé Poet Laureate en 2019, sera à l’honneur d’un colloque international à Lille les 12 et 13 mars 2020. Par ailleurs, plusieurs membres de l’axe s’investissent dans des projets portés par des universités partenaires, comme le réseau international « Poetry in Expanded Translation ».  

 

Perspectives propres donnant lieu à collaboration inter-axes

 

L’axe poursuit également une perspective qui lui est propre, celle qui consiste à révéler la place et l’importance de la traduction chez des figures, consacrées ou non, de la littérature mondiale. Après une série de travaux ayant apporté des éléments sur l’existence d’un Samuel Clemens traducteur autant que traduit, Vladimir Nabokov a été mis en valeur par la tenue d’un double colloque transatlantique « Vladimir Nabokov et la traduction » en 2018.

L’axe va également collaborer avec l’axe Méditerranée autour de l’œuvre d’Elisa Chimenti (1883-1969), à travers l’étude, l’édition critique en français et la traduction en italien de ses inédits conservés à Tanger auprès de la Fondation consacrée à cette écrivaine italienne émigrée à Tanger à la fin du XIXe siècle (textes en français et en italien).

En 2020, l’axe contribuera à la formation à et par la recherche en reconduisant son séminaire « Traduction » à l’École Doctorale.

 

L’équipe lance en 2020 une newsletter électronique pour améliorer encore la circulation de l’information entre ses membres.

 

 


Programmes précédents


Partenaires


Dernier ouvrage paru

 

Territoires de la traduction
Sous la direction de Ronald Jenn et Corinne Oster
Artois Presses Université - Page de l'éditeur
ISBN : 978-2-84832-205-6 • mars 2015 • 218 pages

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