Cecille ULR 4074 Déclaration de politique scientifique
L’un des fondements du CECILLE est la transdisciplinarité et la pluridisciplinarité. En témoigne la présence de chercheur·ses d’horizons scientifiques divers, ainsi qu’une collaboration soutenue sur des thématiques communes et transversales, qui étudient les productions culturelles et leurs interactions avec les systèmes de représentation et leurs contextes multiples. Dans cette perspective, les activités de recherche se développent à partir d’approches croisées – culturelles, littéraires, historiques, sociologiques, géopolitiques, traductives, médiatiques… Elles reposent également sur un dialogue approfondi entre les disciplines des sciences humaines et sociales, des lettres et des arts, afin de mener une réflexion critique sur les changements culturels et sociaux passés et/ou en cours.
Ces approches se reflètent dans la structuration de l’unité en plusieurs Axes et Aires ainsi qu’à travers trois programmes transversaux. Ils se caractérisent par des méthodologies spécifiques – littérature, études culturelles, civilisation, histoire des idées, genre(s) et traduction/traductologie – et les cinq aires culturelles qui se complètent et s’enrichissent mutuellement grâce à la souplesse de leurs collaborations et des frontières qui les caractérisent. Ces collaborations s’observent à l’échelle locale (avec d’autres équipes de recherche tels le CERAPS, HARTIS, STL ou ALITHILA), nationale –plusieurs axes et aires étant en relation avec des GIS : Institut des Amériques, Institut du Genre, Institut « Religions – Pratiques, textes, pouvoirs » , Sociabilités, IEFR (Institut des faits religieux), EIRE (Études irlandaises : réseaux et enjeux), Asie – ou internationale où les coopérations et les réseaux sont favorisés par la maîtrise d’un grand nombre de langues étrangères, autre trait fédérateur qui dynamise le laboratoire. Les travaux et activités scientifiques des doctorant·es qui s’inscrivent dans les thématiques du CECILLE et trouvent un espace d’expression privilégié dans le laboratoire junior CEDILLE, viennent renforcer la synergie des recherches menées.
Le projet de recherche pour le prochain quinquennal s’articule autour de trois notions retenues à l’issue de discussions collectives, qui renouvellent l’approche trans et interdisciplinaire : Circulations, Matérialités, Contacts.
A l’appui de cette nouvelle structuration, une réalité largement partagée, à savoir que les sociétés, en particulier celles sur lesquelles une grande partie des membres de l’unité travaillent, ont connu des phénomènes de colonisation, d’occupation, de conquête. Ces processus sont en eux-mêmes générateurs de mouvements et de Circulations, concrètes et symboliques. Mais cette notion de Circulations, renvoie également à celles de Contacts et de Matérialités. D’une part, en raison des rencontres que ces processus ont générées, produisant de fait des contacts entre populations, cultures, pratiques et savoirs différenciés et, par là même, de l’altérité, de la friction, mais aussi du métissage et du mélange. D’autre part, et de façon cumulée dans le temps et l’espace, on ne saurait négliger les « traces » d’empires qui ont façonné et façonnent les paysages, les territoires, les représentations, dans la destruction comme dans la construction, qui sont autant de Matérialités et matérialisation de ces présences, et dont on trouve aussi des traces dans les corpus constitués par les dominants, mais aussi par les dominés, resignifiés ou « redécouverts » par ces derniers dans des périodes postérieures.
Au-delà de ces situations coloniales/impériales et post-coloniales, Circulations, Contacts et Matérialités résonnent dans d’autres activités de recherche des membres, individuellement et collectivement, en particulier dans les axes transversaux l’un reconduit et deux autres qui ont démarré plus récemment puisqu’ils se penchent respectivement sur les différentes formes de circulation des images (fixes ou animées) mais aussi de leurs codes et langages, sur les notions de patrimoine/matrimoine qui renvoient plus directement à celle de Matérialités, et sur les Humanités Environnementales dont les principales thématiques sont en lien avec la notion de Matérialités ( « Le déchet », « Productivisme et ressources », « Habitabilité », et avec la notion de Contact à partir de la question des zones d’interface entre les espèces.
Le laboratoire, pour le projet 2026-2031 est composé de cinq Axes, cinq Aires et de trois Programmes d'ouverture inter-axes :
Axe 1. Poïétique et politique
Axe 2. Genre, Féminismes et Études LGBTQI+
Axe 3. Pouvoirs, sociétés, cultures
Axe 4. Traduction et médiation
Axe 5. Approches aréales, comprenant les cinq aires suivantes : Irlande, Mondes romans, Méditerranée et Proche-Orient, Les Amériques, Asie
Programme d'ouverture inter-axes :
1. Humanités environnementales
2. Sciences et cultures étrangères du visuel
3. Le domestique comme lieu de production du politique
Cette nouvelle configuration sera un atout majeur pour le CECILLE qui s’inscrira dans les différents contextes scientifiques de l’établissement (Initiative d’Excellence, Hub 4 « Cultures, sociétés et pratiques en mutation », mais aussi plusieurs des Instituts qui structurent la politique de recherche de l’université, en particulier Démocraties et citoyenneté (DEMOCIS) et Mémoires, Patrimoines, Innovation, création (MPIC). Il s’inscrira également dans les thématiques de la MESHS « Vulnérabilités » et « Territoires et paysages » et poursuivra ses collaborations avec les autres unités de recherche de l’Université.