Espaces autres, partages sensibles, sociétés spectaculaires

Centre d'Études en Civilisations, Langues et Lettres Étrangères

Aire Mondes romans

Responsable : GUILLEMONT-ESTELA Michèle

Dans la perspective du prochain quinquennal, l’axe « Études romanes » a commencé à élaborer une réflexion autour des « fins de siècle » et « fins d’époque », un projet véritablement commun à tous ses membres selon sa thématique (« crises, créations, renaissances ») et à l’intérieur du cadre qu’adopte le CECILLE, à savoir « Espaces autres, partages sensibles, sociétés spectaculaires ». Il s’agira, par cette enquête autour des expressions des angoisses et des peurs, des fuites et des replis, des attentes et des expectatives, des inquiétudes et des béatitudes traduisant l’arrêt d’une période ou d’une ère, de renforcer l’articulation de nos travaux sur les cultures en langues romanes depuis le bas Moyen Âge jusqu’au XXIe siècle, tout en approfondissant et élargissant les collaborations avec d’autres chercheurs, lillois, nationaux et internationaux. La volonté de consolider ce cadre fédérateur amènera à programmer un atelier pour l’année universitaire 2018-2019, afin de préparer rencontres scientifiques et publications.

Plus spécifiquement, en cohérence avec la thématique « espaces autres », un ouvrage collectif sera conçu dans la suite des travaux du colloque international « Représenter le passage » dans les aires hispanique, française et italienne du Moyen Âge et de la Renaissance (juin 2018). Au-delà, s’inscrivant dans un projet plus vaste autour du voyage, ce partenariat avec les laboratoires ALITHILA de l’Université de Lille et CLEA de Paris-Sorbonne ouvrira à une réflexion sur ce qui est au cœur de la notion de passage, la capacité agissante à se confronter à et à surmonter un territoire, ainsi que sur ses multiples et riches représentations, littéraires et artistiques.

Attentive à la thématique « partages sensibles », aux liens entre esthétiques expérimentales et expériences collectives, l’enquête « Actualité des Lumières : reprises, réécritures, traductions, transferts culturels : XVIIIe-XXIe siècles » aboutira à l’organisation d’un colloque international en 2020, en partenariat avec Paris-Sorbonne, Université de Rome La Sapienza, Université Ca’Foscari (Venise), Saint-Jacques de Compostelle ainsi que les sociétés savantes : Sociéta di studi sul XVIII° secolo, la Sociedad Española de Estudios del Siglo 18 la SFEDS, Société Française d’Etude du Dix-huitième siècle, l’ASECS (American Society for Eighteenth-Century Studies).

De plus, le colloque sur les « Discours artistiques et journalisme narratif » (novembre 2017) sera le point de départ d'une réflexion plus globale sur les milieux de création ultracontemporains qui, face à une Histoire de marbre biaisée et incomplète, face à des politiques institutionnelles de censure et de pression, se réapproprient le discours. De la littérature du présent au roman graphique en passant par l'autofiction, du documentaire de création à toutes ses nouvelles formes hybrides, de larges pans de la création explorent des espaces peu médiatisés, redessinent la réalité en refusant les simplifications et les archétypes qui régissent la lecture de l’actualité ou du passé récent. Or journalistes, écrivains et penseurs ne se contentent pas en cela de décrire et de dénoncer : face à l’urgence que suscite la dégradation exponentielle des modes d’existence, la création se présente aussi comme un laboratoire d’expérimentation, de prévention et d’entraide afin de recréer des projets de vie en commun et de restaurer des espaces de réflexion pour tenter de bâtir un futur plus juste et plus solidaire.

En lien avec la notion de « sociétés spectaculaires », la collaboration avec des équipes françaises, italiennes et espagnoles, au projet « Archives du théâtre prégoldonien » (ARPREGO www.usc.es/goldoni/) se poursuivra. Quant au séminaire « Représenter l'histoire », après s’être surtout intéressé à la littérature, il va désormais s’orienter vers l'opéra, la peinture d'histoire et le cinéma pour interroger à la fois l’expérience esthétique et le cadre général de construction de la réalité sociale et politique face aux entreprises de domination – ou d’émancipation – en œuvre. Toujours dans la continuité de la réflexion sur la notion de romanesque qui a émergé dans ce même séminaire, sera abordée, en particulier, la question de la narration sérielle, une des protagonistes de la société spectaculaire aujourd’hui.

Enfin, certains projets, pleinement inscrits dans le cadre thématique général du CECILLE, seront inter-axes. Ce sera par exemple le cas de celui qui œuvrera à la diffusion de l’œuvre d’Elisa Chimenti (Naples, 1883-Tanger, 1969) avec l’étude, l’édition critique en français et la traduction en italien d’inédits conservés à Tanger auprès de la Fondation consacrée à cette écrivaine, philosophe, éducatrice italienne émigrée au Maroc à la fin du XIXe siècle (textes en français et en italien, www.elisachimenti.org/), à l’identité indéterminée entre ses diverses nationalités et à l’appartenance religieuse incertaine. Plusieurs collaborations sont en cours d’établissement avec des universités et institutions en France, au Maroc et en Italie, selon les ramifications biographiques et littéraires de cette figure intellectuelle unique.


Dernier ouvrage paru

 

Il vortice dei linguaggi. Letteratura e migrazione infinita
Luca Salza
Mesogea - Page de l'éditeur
ISBN : 978-88-469-2151-2

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Chercheurs concernés

Associés

BÉHAR Roland
BOUVIER Claire
CARINI Michele
CHOUITEM Dorothee
CLEMENTE-ESCOBAR Angel
CONDE-ROMERO Carlos
JURADO Javier
MARTINEZ Victor
NUNEZ DE LA FUENTE Sara
ZANNI Raffaella

 

 

Doctorants